TECHNIQUE DE LECTURE DU PANNEAU DES RENNES DE LA GROTTE DE CHAUVET-PONT D'ARC

En 2015, le docteur Michel Schiro, analysant le panneau des cervidés de la grotte de Chauvet, recouvert d’écriture primordiale (renvoi sur définition) , repère parmi tous les schémas narratifs iconiques un schéma qui leur est transversal et constitué de quatre positions de lecture de l'image, chacune pouvant être lue de 90° en 90° dans deux ou trois plans parallèles, l'ensemble représentant l'équivalent d'un livre de douze pages. 

  

2

4

1

3

 

Original

90°

180°

270°

ÉMERGENCE DES QUATRE

MÉTAMORPHOSES SUCCESSIVES DU MYTHE PRIMORDIAL D'HOMO SAPIENS SAPIENS (homo sapiens scribens)

 

À sa surprise, il détecte une séquence qu'il met en évidence  : lionne > ourse > fœtus primordial

 > ourse devenue femme > mère allaitant l'enfant primordial.

  

Lionne

Ourse

Fœtus primordial

Corps bicéphale

Ourse

Homme primordial

 

Cette séquence est complétée du visage d'un homme d’apparence primordiale, aux traits fins, qui semble s'accoupler avec l’ourse (accouplement primordial). L'accouchement d'un enfant extrait d’un corps bicéphale « cheval/cerf » d’allure vulvaire, par une main gauche, tenant deux cervidés articulés l’un à l’autre, qui, en rotation de 180°, permettent par une nouvelle lecture de distinguer la tête d’un petit enfant allaité par sa mère. Ainsi, ce narratif qui paraît mythique se construit par métamorphoses et étapes successives (Cf. vidéo chapitre métamorphoses).

  

LE MYTHE CORÉEN ET SES MÉTAMORPHOSES : ORIGINE

Cette technique de représentation en métamorphoses successives, à l’instar de celles que l’on obtient parfois lors de l’usage d’un hologramme, l'amène à repérer que ce processus existe dans deux mythes spécifiques qui sont parvenus, écrits en "tête bêche", jusqu'à nous aujourd’hui. Le premier, coréen, toujours très actif auprès de son peuple, et l’autre, grec qui n’est plus effectif dans notre société moderne, du moins en apparence mais qui reste connu comme faisant partie des grands mythes de la mythologie antique. 

  

Pour revenir au panneau des cervidés de la grotte de Chauvet, plus vieux narratif visuel connu dans le monde, ce qui est remarquable dans ces représentations iconiques, sont les phénotypes des personnages, c'est à dire les traits physiques externes, comme le visage de la femme, de son enfant, mais aussi, dans d'autres endroits de la grotte, d’autres enfants qui présentent un type humain asiatique (Cf. revue "Frankreich Erleben", "Quand l'Europe était asiatique", 2017).

  

FRESQUE ORIGINALE

Grotte de Chauvet 36 000 BP | France

DÉCRYPTAGE D'UNE ENFANT ASIATIQUE

Grotte de Chauvet 36 000 BP | France

ANALOGIE DU MYTHE DE CHAUVET AVEC LE MYTHE CORÉEN

Le mythe coréen en question est celui de Dangun, il évoque l'intercession d'un Dieu, fils du ciel et de la Terre, qui à la demande d'un tigre et d'une ourse qui souhaitent être transformés en humains, va les mettre à l’épreuve : il leur donne vingt gousses d’ail et un bouquet d’armoise, en leur ordonnant de ne manger que de la nourriture sacrée et de rester hors de la lumière du soleil pendant cent jours en restant dans une grotte. Après l’abandon par le tigre au bout de vingt jours, l’ourse tient bon et obtient sa transformation en une ravissante femme, nommée Ungnyeo. Le tigre et l’ourse, selon la légende, représentent deux tribus en quête de la faveur du prince divin. 

  

DANGUN-WANGGEOM

Représentation iconographique du mythe coréen

 

 

Cette femme-ourse, désespérée de trouver un mari et d’avoir un fils, supplie son prince divin Hwanung de lui donner un fils. Ce dernier la prend en tant que femme. Elle donne alors naissance à un fils, fondateur du peuple coréen, nommé Dangun-Wanggeom.

 

La légende de Dangun joue un rôle essentiel dans l’unité nationale et mobilise l’essence patriotique pour faire face aux divers envahisseurs. Dangun est aujourd’hui vénéré par des petits mouvements religieux (ex : Tajonggyo).

 

Par ailleurs, le mythe grec de Callisto s'applique à une nymphe servante d'Artémis, enceinte après avoir péché avec Zeus, souverain des dieux de l’Olympe, père d'Artémis.

 

Condamnés par les Dieux (Zeus, Héra et Artémis) à une métamorphose régressive, elle et son petit ourson finiront transformés en constellations, condamné à tourner pour toujours dans les cieux.

 

On ne peut qu'être frappé par la ressemblance des deux schémas narratifs mythologiques. D’un point de vue scientifique et historique, cette découverte est extraordinaire car elle pourrait permettre enfin de situer l'origine géographique de la genèse d’un métamythe déployé à l’intérieur des différents mythes asiatiques présents aujourd’hui et resté dans sa forme relativement pure et originelle au sein du peuple coréen. On sait que ce dernier n’a pas la connaissance précise de l'émergence de ses fondements mythologiques depuis des millénaires.

Le peuple coréen, qui s’est cru dépourvu d'écriture pendant plusieurs siècles, a dû faire appel pendant très longtemps à l'écriture chinoise pour fixer sa mémoire. Ces découvertes tendent à démontrer, selon le Dr Michel Schiro, que son propre mythe d’origine était raconté en écriture primordiale pour la première fois à notre connaissance dans la grotte de Chauvet, en Ardèche, au cœur de la France.

 

Ainsi, il se pourrait que cette découverte rende à l'Asie tout entière, et en particulier aux coréens, la genèse de son mythe, son origine et son écriture sacrée perdues.

Les mythes de Dangun et de Callisto semblent relever d'une même structure profonde qui les rend similaires. Leurs sens de lecture sont complètement opposés (tête bêche) mais cela n’en change en aucun cas la signification, au contraire cela en accroît la puissance du message.

 

L’Institut Skyrô est en train d’établir des contacts avec la Corée du Sud (journaliste, éditeur et chercheur) pour co-étudier la matière iconique révélée et affiner la genèse du mythe coréen présente à Chauvet et dans d’autres grottes comme celle de Pech Merle, de Bara-Bahau ou de Lascaux. Nous souhaitons établir une collaboration fructueuse avec les différents laboratoires de recherche coréens (en linguistique, mythologies comparées, écriture, épigraphie…).